29 Aug
29Aug

Vous êtes fatigué.

Mais après tout, qui ne l’est pas ?

Vous dormez moins bien. Vous êtes plus irritable. Vous avez davantage de mal à vous concentrer. Le dimanche soir devient pesant et le lundi matin demande un effort de plus en plus important.

Pourtant, vous continuez.

Vous travaillez. Vous assurez. Vous faites ce qu’on attend de vous.

Et vous vous dites :

« C’est juste une période difficile. »

« Ça ira mieux après ce dossier. »

« Il faut juste que je tienne encore un peu. »

C’est justement ce qui rend le burn-out difficile à repérer : il ne commence pas forcément le jour où l’on s’effondre.

Il peut commencer bien avant, lorsque continuer à fonctionner normalement demande progressivement de plus en plus d’énergie.

Comment savoir si je fait un burn-out ?

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, ne correspond pas simplement à une grosse fatigue.

Il s’installe généralement progressivement et associe notamment un épuisement important, une prise de distance vis-à-vis du travail et une diminution du sentiment d’efficacité professionnelle. Autrement dit, quelque chose change peu à peu dans votre manière de travailler… mais aussi dans la manière dont vous vivez votre travail.

Une question peut déjà vous aider :

Est-ce que je suis simplement fatigué… ou est-ce que je dois désormais me faire violence pour continuer comme avant ?


Quels sont les premiers signes d’un burn-out ?

Il n’existe pas un symptôme unique permettant de dire : « Voilà, c’est un burn-out. »

C’est plutôt l’accumulation et l’évolution de plusieurs signes qu’il faut observer.

1. Une fatigue dont vous ne récupérez plus vraiment

Un week-end ne suffit plus.

Les vacances vous font du bien… mais quelques jours après votre retour, vous êtes à nouveau épuisé.

Vous dormez mais ne vous sentez pas reposé.

La question n’est donc pas seulement :« Suis-je fatigué ? »

mais :

« Est-ce que je récupère encore ? »

Une fatigue persistante, notamment lorsqu’elle s’accompagne d’autres symptômes, mérite d’être prise au sérieux et peut aussi avoir des causes médicales qu’il est important de rechercher.

2. Vous n’arrivez plus vraiment à décrocher du travail

Vous avez quitté le bureau mais votre cerveau, lui, y est toujours.

Vous anticipez la réunion du lendemain.

Vous repensez à une conversation.

Vous consultez vos mails.

Vous faites mentalement la liste de tout ce que vous n’avez pas terminé.

Peu à peu, le travail occupe aussi le temps qui devrait permettre de récupérer du travail.

3. Vous devenez plus irritable ou plus sensible

Une remarque vous atteint davantage.

Un imprévu vous exaspère.

La moindre demande supplémentaire vous donne envie de dire :« Je n’en peux plus. »

Vous vous agacez avec vos collègues ou vos proches alors que cela ne vous ressemblait pas.

L’INRS cite justement les modifications inhabituelles du comportement — irritabilité, agressivité, repli sur soi ou désengagement — parmi les signaux qui doivent attirer l’attention.

4. Vous avez davantage de mal à vous concentrer

Vous relisez plusieurs fois le même mail.

Vous oubliez certaines choses.

Vous perdez le fil.

Les décisions simples deviennent compliquées.

Et parfois, vous en tirez une conclusion douloureuse :« Je deviens mauvais. »

Alors que les difficultés de mémoire, d’attention et de concentration peuvent justement accompagner l’épuisement professionnel.

5. Vous perdez progressivement l’envie

Votre métier vous intéressait.

Aujourd’hui, tout vous agace.

Les réunions semblent inutiles. Les collègues vous fatiguent. Vous devenez distant ou cynique.

Ou simplement indifférent.

Ce détachement peut être particulièrement déroutant chez une personne qui s’est longtemps beaucoup investie.

Mais parfois, l’indifférence apparaît justement après avoir trop donné pendant trop longtemps.


Burn-out ou simple fatigue : quelle différence ?

Une période professionnelle intense peut évidemment provoquer une grande fatigue sans qu’il s’agisse d’un burn-out.

La différence se situe notamment dans la durée, la récupération et le retentissement.

Après une période chargée, quelques jours plus calmes permettent normalement de retrouver progressivement son énergie.

Dans l’épuisement professionnel, ce mécanisme fonctionne de moins en moins bien.

Le repos ne suffit plus réellement.

La motivation change.

Le rapport au travail se dégrade.

Et certaines personnes commencent progressivement à supprimer tout ce qui n’est pas indispensable : le sport, les sorties, les amis, les loisirs…

La vie devient alors :

travailler → récupérer suffisamment pour retravailler → retravailler.

Et c’est un signal particulièrement intéressant à observer.


Peut-on faire un burn-out sans s’en rendre compte ?

Oui, dans le sens où les premiers signes peuvent être banalisés très longtemps.

Et certaines personnes ne ralentissent pas lorsqu’elles commencent à s’épuiser.

Elles accélèrent.

Elles arrivent plus tôt.

Elles repartent plus tard.

Elles compensent leur baisse de concentration en travaillant davantage.

Elles suppriment leurs pauses.

Elles se disent qu’il faut être plus organisé, plus efficace, plus résistant.

De l’extérieur, elles peuvent même sembler parfaitement performantes.

Mais intérieurement, elles ne vivent plus tout à fait de la même manière.

Elles ne fonctionnent plus.

Elles tiennent.

Et il existe une différence importante entre les deux.


Pourquoi continue-t-on alors qu’on sent que quelque chose ne va plus ?

Parce que la question du burn-out ne peut pas être réduite à :« Vous auriez dû mieux gérer votre stress. »

Les conditions de travail ont évidemment une importance majeure : surcharge, objectifs irréalistes, manque de moyens, conflits, absence de reconnaissance ou d’autonomie, management défaillant…

L’environnement professionnel doit donc être interrogé.

Mais une autre question peut aussi être intéressante :

Pourquoi m’est-il si difficile de poser une limite ?

Pour certains :« Je ne peux pas décevoir mon équipe. »

Pour d’autres :« Je dois être à la hauteur. »

Ou :« Je ne peux pas montrer que je n’y arrive pas. »

Et quelquefois :« Si j’échoue, qu’est-ce que cela dit de moi ? »

C’est ici que l’épuisement professionnel peut venir rencontrer notre histoire personnelle.

Être consciencieux, disponible, perfectionniste ou très investi sont des qualités.

Mais lorsque notre valeur personnelle commence à dépendre de notre capacité à être toujours fiable, toujours performant, toujours capable de tenir, ces qualités peuvent également nous empêcher d’entendre nos propres limites.

La question devient alors :

Ce fonctionnement qui m’a permis de réussir me permet-il encore de bien vivre ?


Burn-out ou dépression : comment faire la différence ?

Les deux peuvent présenter des signes communs : fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration, perte d’envie ou irritabilité.

Le burn-out reste cependant lié au contexte professionnel, alors qu’un épisode dépressif peut affecter plus largement l’ensemble des domaines de la vie. 

Les deux situations peuvent également coexister, ce qui rend l’auto-diagnostic particulièrement hasardeux. 

Si plusieurs symptômes persistent, s’intensifient ou commencent à avoir un impact important sur votre vie, parlez-en à votre médecin traitant ou au médecin du travail

Le diagnostic nécessite une évaluation clinique et les symptômes peuvent aussi avoir d’autres causes psychologiques ou médicales.


Quand se faire accompagner ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre de ne plus pouvoir travailler pour demander de l’aide.

Vous pouvez envisager un accompagnement lorsque vous constatez que :

  • vous fonctionnez depuis longtemps en mode « tenir » ;
  • le travail prend progressivement toute la place ;
  • vous culpabilisez dès que vous ralentissez ;
  • dire non vous semble presque impossible ;
  • vous vous imposez des exigences que vous n’imposeriez jamais aux autres ;
  • votre confiance en vous dépend beaucoup de vos performances ;
  • ou vous sentez que, même en changeant de poste, vous risquez de reproduire le même fonctionnement.

Et c’est précisément là que l’approche RéVL ne consiste pas simplement à vous apprendre quelques techniques pour « mieux gérer votre stress ».

Nous cherchons d’abord à comprendre.

Comment en êtes-vous arrivé à fonctionner ainsi ?

Depuis quand avez-vous besoin de tenir, d’assurer, de ne pas décevoir ?

Que signifierait pour vous le fait de ralentir, demander de l’aide ou ne pas être à la hauteur de vos propres exigences ?

Puis à révéler ce qui se joue derrière ces comportements : vos besoins, vos croyances, vos mécanismes de protection, votre rapport à la réussite, à l’échec, aux autres et à votre propre valeur.

Enfin, à aligner progressivement votre manière de travailler et de vivre avec ce que vous êtes devenu aujourd’hui — en retrouvant des limites plus justes, une sécurité intérieure moins dépendante de la performance et une trajectoire professionnelle qui ne vous demande plus de vous épuiser pour avoir le sentiment d’avoir de la valeur.

L’accompagnement RéVL ne remplace pas une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire. Il peut en revanche venir la compléter en travaillant sur une question essentielle :

Comment éviter de simplement récupérer… pour repartir exactement comme avant ?

Parce qu’après un épuisement, l’enjeu n’est pas seulement de retrouver suffisamment d’énergie pour avancer.

Il peut surtout être de comprendre ce qui vous a conduit jusque-là, afin de ne plus avoir besoin d’aller aussi loin pour entendre vos propres limites.


Si cet article fait écho à ce que vous traversez et que vous ressentez le besoin d'être accompagné(e) pour comprendre ce qui vous a conduit à cet épuisement et ce qui se joue derrière votre manière de fonctionner, je serai heureuse de t'accompagner.

Prise de Rendez-Vous - ReVL


Article rédigé par Véronique Lefevre

Thérapeute Spécialiste des Transitions de vie - RéVL

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