20 Sep
20Sep

Vous aviez préparé cet entretien, investi du temps dans ce projet ou beaucoup espéré de cette relation. Et les choses ne se sont pas passées comme vous le souhaitiez.

Depuis, vous doutez. 

Vous repensez à vos décisions, à ce que vous auriez dû voir, dire ou faire autrement. 

Peut-être même que vous hésitez désormais devant des situations qui, auparavant, ne vous auraient pas posé de problème.

« Je n’y arriverai pas. »
« Je me suis encore trompé(e). »
« Je ne peux plus me faire confiance. »

Comment retrouver confiance après un échec quand on commence à remettre en question ses capacités, ses choix, voire sa valeur ? 

Pour avancer, il peut être utile de comprendre ce que cette expérience a touché en vous, puis de retrouver des occasions d’agir sans vous demander de tout réussir immédiatement.

Pourquoi cet échec me fait-il autant douter de moi ?

Une déception peut faire mal parce qu’elle concerne quelque chose qui comptait beaucoup. 

Un projet pouvait représenter votre indépendance. 

Un poste, la reconnaissance de vos compétences. 

Une relation, l’espoir de construire un avenir à deux.

Quand cette perspective disparaît, il y a parfois bien plus qu’un résultat à accepter.

Il arrive aussi qu’un événement prenne la forme d’un jugement sur soi :

« Je n’ai pas obtenu ce poste » devient « Je ne suis pas à la hauteur ».

« Mon projet n’a pas fonctionné » devient « Je suis incapable de réussir ».

« Cette relation s’est terminée » devient « Je ne mérite pas d’être aimé(e) ».

Le mot « échec » lui-même mérite parfois d’être interrogé. Une séparation, un changement de direction ou l’arrêt d’un projet ne constituent pas nécessairement une faute ou une incapacité personnelle.

Qu’est-ce qui vous fait le plus souffrir : ce qui s’est passé, ses conséquences ou ce que vous en concluez sur vous ?

La réponse peut vous aider à comprendre où votre confiance a été fragilisée.


J’ai échoué : est-ce que cela veut dire que je suis incapable ?

Sur le moment, un résultat décevant peut sembler résumer tout votre parcours. Vous voyez ce qui n’a pas fonctionné et perdez de vue les difficultés déjà traversées, les compétences acquises ou les situations dans lesquelles vous avez su vous adapter.

Un exercice consiste à séparer les faits de votre interprétation.

Par exemple :

Le fait : « Ma candidature n’a pas été retenue. »

Mon interprétation : « Je ne suis pas assez compétent(e). »

Ce que je sais réellement : « Je n’ai pas été choisi(e) pour ce poste. Je ne connais pas encore les raisons précises. »

Cet écart laisse de la place pour chercher des informations, identifier un point à améliorer ou envisager une autre possibilité. Le NHS recommande notamment d’examiner les croyances négatives sur soi à partir d’éléments concrets qui peuvent les nuancer. (NHS — Estime de soi)


Comment reprendre confiance, concrètement ?

1. Se laisser le temps d’être déçu(e)

« Il faut rebondir. » 

« Passe à autre chose. » 

« Tu en sortiras plus fort(e). »

Ces phrases partent souvent d’une bonne intention. Mais elles peuvent être difficiles à entendre lorsque vous êtes encore triste, en colère ou inquiet(ète) pour la suite.

Vous avez le droit de reconnaître que cette expérience vous a touché(e). Vous pouvez avoir besoin de repos, d’en parler, de régler des conséquences pratiques ou simplement de retrouver un peu de stabilité.

Vous n’avez pas à en tirer une leçon immédiatement.

Demandez-vous plutôt : « De quoi ai-je besoin aujourd’hui pour traverser ce moment ? »

2. Comprendre ce qui s’est passé sans vous faire un procès

Faire le point peut être utile. Rejouer la scène indéfiniment en vous accusant de tout risque surtout de vous laisser avec les mêmes questions.

Pour rendre cette réflexion plus concrète, vous pouvez écrire :

  • Ce qui dépendait de moi.
  • Ce qui ne dépendait pas de moi.
  • Ce que je ne savais pas à ce moment-là.
  • Ce que je pourrais faire autrement aujourd’hui.

Vous découvrirez peut-être une erreur à corriger, un besoin d’aide ou une limite que vous n’aviez pas suffisamment prise en compte. Vous constaterez aussi, parfois, que vous avez pris une décision raisonnable avec les informations dont vous disposiez.

Comprendre votre part de responsabilité ne demande pas de vous attribuer toute la responsabilité.

3. Renoncer à vous rabaisser pour vous faire avancer

Vous pensez peut-être qu’en étant dur(e) avec vous-même, vous éviterez de recommencer. Pourtant, entre « J’ai besoin de mieux préparer cette étape » et « Je suis vraiment nul(le) », une seule phrase vous indique quoi faire ensuite.

Dans une série d’expériences, les chercheuses Juliana Breines et Serena Chen ont observé qu’une attitude de compassion envers soi après une difficulté pouvait soutenir la motivation à progresser. Se traiter avec davantage de compréhension n’implique donc pas de renoncer à ses exigences. (Breines et Chen, 2012)

Vous pouvez reconnaître une erreur avec des mots précis, sans en faire une définition de vous-même.

4. Faire de cette expérience un point de départ

Après une déception, il faut parfois un peu de temps avant de pouvoir envisager la suite. 

Puis une question peut émerger : « Qu’est-ce que cette expérience m’apprend sur ce dont j’ai besoin pour m’épanouir ? »

Vous avez peut-être découvert les conditions dans lesquelles vous travaillez le mieux, ce qui vous motive réellement ou les limites que vous souhaitez désormais respecter.

Ces repères peuvent vous aider à essayer autrement : explorer une nouvelle piste, rencontrer quelqu’un qui exerce un métier qui vous attire ou tester une idée à petite échelle.

Chaque démarche devient une occasion de mieux vous connaître et de préciser ce qui vous convient. Vous pouvez avancer sans avoir à décider immédiatement de toute la suite.

5. Vous autoriser à choisir une direction qui vous correspond davantage

Quand on a consacré beaucoup de temps et d’énergie à un projet, il peut être difficile d’envisager de s’en éloigner. On veut que les efforts finissent par payer. On souhaite aussi, parfois, se prouver qu’on est capable d’aller jusqu’au bout.

Pourtant, vous pouvez reconnaître la valeur de vos efforts tout en vous autorisant à revoir votre direction.

Prenez le temps de vous demander :

  • Qu’est-ce que j’aimais vraiment dans ce projet ?
  • Qu’est-ce qui me demandait de faire constamment des efforts pour m’adapter ?
  • Est-ce que je souhaite poursuivre par envie, par obligation ou pour prouver quelque chose ?
  • Qu’aimerais-je trouver dans la prochaine étape de ma vie ?

Une difficulté ne signifie pas nécessairement qu’il faut renoncer. Elle peut inviter à modifier sa manière de faire, à chercher du soutien ou à envisager une autre voie.

Retrouver confiance, c’est aussi apprendre à reconnaître quand persévérer et quand changer de direction. Vous avez le droit de faire évoluer un choix à partir de ce que l’expérience vous a appris.


Comment retrouver confiance après un échec professionnel ?

Une période d’essai interrompue, un projet refusé ou une reconversion décevante peuvent devenir l’occasion de préciser la place professionnelle dans laquelle vous souhaitez évoluer.

Au-delà du résultat, qu’avez-vous découvert sur vous ? 

Quelles missions vous donnaient de l’énergie ? 

Quelles responsabilités aviez-vous envie d’assumer ? 

Dans quel environnement vous sentiez-vous libre de poser des questions, de proposer et d’apprendre ?

Ces questions permettent de regarder votre parcours avec davantage de nuances. Vous pouvez identifier une compétence à développer, un cadre de travail plus adapté ou des aspirations auxquelles vous n’aviez pas encore accordé assez de place.

Peut-être aviez-vous choisi cette voie parce qu’elle vous convenait à une époque, parce qu’elle offrait de la sécurité ou parce qu’elle répondait aux attentes de votre entourage. Vos besoins ont pu évoluer depuis.

Cette expérience peut alors vous aider à construire la suite avec une meilleure connaissance de vous-même. Vos compétences et vos acquis restent des ressources, y compris si vous décidez de les mettre au service d’un autre projet.


Un exercice pour commencer à y voir plus clair

Prenez une feuille et complétez ces quatre phrases, sans chercher la « bonne » réponse :

  1. Depuis cet événement, je me dis que je suis…
  2. Ce qui me fait le plus peur maintenant, c’est…
  3. Ce que cette conclusion laisse de côté dans mon parcours, c’est…
  4. La prochaine petite étape que je pourrais choisir serait…

Relisez vos réponses. Peut-être verrez-vous apparaître une peur du jugement, un besoin de sécurité ou une exigence très forte envers vous-même.

Cet exercice peut servir de point de départ pour en parler. Vous n’avez pas à résoudre seul(e) tout ce qu’il fait émerger.


Quand se faire accompagner ?

Vous pouvez consulter lorsque vous avez l’impression de tourner en rond, que vous vous dévalorisez régulièrement ou que la peur d’un nouvel échec vous empêche de faire des choix.

Vous n’avez pas besoin d’arriver avec une explication précise. « Je n’arrive plus à me faire confiance » est déjà une raison d’en parler.

Si votre mal-être s’installe, s’aggrave ou perturbe fortement votre quotidien, votre médecin peut également vous aider à faire le point et vous orienter.


Retrouver des repères avec RéVL

Chez RéVL, je vous accompagne pour comprendre ce que cette expérience a remis en question et ce qui vous retient aujourd’hui.

Nous prenons le temps d’explorer vos ressentis, vos attentes envers vous-même et les ressources sur lesquelles vous pouvez vous appuyer. Selon vos besoins, je vous propose des questions, des exercices de réflexion et des mises en pratique pour faire le lien avec votre quotidien.

Mon objectif est de vous aider à retrouver des repères et à choisir comment avancer, dans votre vie personnelle ou professionnelle.


Vous doutez de vous après une expérience difficile et vous ne savez pas par où commencer ? Nous pouvons prendre le temps d’en parler.

Prise de Rendez-Vous - ReVL


Article rédigé par Véronique Lefevre

Thérapeute Spécialiste des Transitions de vie - RéVL

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