Le réveil est programmé.
Le sac est prêt.
Votre motivation, elle, semble avoir demandé une semaine de congé supplémentaire.
Après des vacances, un week-end ou une absence plus longue, une même pensée peut s’imposer : « Je n’ai vraiment pas envie d’y retourner. »
Et les questions arrivent : est-ce normal ? Est-ce que je suis devenu moins courageux ? Est-ce que je devrais changer de travail ?
Cette réticence mérite qu’on s’y intéresse.
Elle peut parler du rythme à retrouver, de votre fatigue, de vos conditions de travail ou de la place que vous souhaitez donner à votre vie professionnelle.

Pendant la pause, vous avez peut-être retrouvé quelque chose de précieux : du temps.
Pour dormir, voir vos proches, faire les choses sans regarder l’heure.
Ou simplement ne rien faire sans avoir à le justifier.
Reprendre, c’est retrouver les horaires, les trajets, les sollicitations et cette curieuse capacité des journées à se remplir avant même d’avoir commencé.
Vous pouvez apprécier votre métier et préférer un petit-déjeuner tranquille à une réunion à 8 h 30. Votre conscience professionnelle devrait survivre à cet aveu.
Observez ce qui se passe ensuite : la réticence s’atténue-t-elle lorsque vous retrouvez vos repères ? Ou reste-t-elle présente, au point de peser sur vos soirées, votre sommeil ou vos week-ends ?
« Le travail », c’est vaste. Essayez de préciser ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous imaginez votre retour.
Peut-être que vous redoutez :
La surcharge, le manque d’autonomie ou de soutien font partie des facteurs de risque d’épuisement professionnel. Les conditions de travail méritent donc d’être examinées concrètement.
Une question peut vous éclairer : « Si j’exerçais ce même métier dans d’autres conditions, aurais-je davantage envie d’y retourner ? »
Votre réponse peut aider à distinguer votre intérêt pour l’activité de ce que vous vivez dans votre environnement professionnel.
La date de reprise est arrivée. Cela ne signifie pas que vous avez retrouvé toutes vos ressources.
Vous avez peut-être passé vos congés à récupérer, à gérer des difficultés personnelles ou à penser aux dossiers qui vous attendaient.
Votre ordinateur était fermé, mais votre tête avait conservé quelques onglets professionnels ouverts.
Une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une irritabilité inhabituelle, des difficultés de concentration ou un désengagement peuvent accompagner un épuisement professionnel. Celui-ci s’inscrit dans un contexte de stress durable au travail.
Le manque d’envie, pris isolément, ne permet toutefois pas de conclure à un burn-out.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces difficultés, un avis extérieur peut aider à comprendre ce qui se passe.
Pour approfondir ce sujet : Comment reconnaître les premiers signes d’un burn-out ?
Un travail peut avoir beaucoup compté pour vous à une période de votre vie, puis occuper une place différente.
Une naissance, une séparation, un problème de santé, un deuil ou simplement le temps qui passe peuvent vous amener à reconsidérer ce que vous souhaitez préserver.
Vous avez peut-être davantage besoin de disponibilité, de stabilité, de relations respectueuses ou de vous sentir utile. Certaines concessions, autrefois acceptables, deviennent plus difficiles à faire.
Il arrive aussi que la pause rende ce décalage plus visible : vous retrouvez des activités, des liens ou une manière de vivre qui vous manquaient.
Un choix professionnel a le droit d’être réévalué. Cela peut déboucher sur des ajustements, une discussion sur votre poste ou une réflexion plus large sur la suite de votre parcours.
Après une absence prolongée, certaines inquiétudes prennent beaucoup de place :
« Est-ce que je saurai encore faire ? »,
« Qu’est-ce qui a changé ? »,
« Comment les autres vont-ils me regarder ? »
La reprise peut alors ressembler à un examen, avec l’impression de devoir prouver immédiatement que vous êtes à la hauteur.
À cela s’ajoutent parfois des phrases intérieures bien rodées :
« Je devrais déjà être reconnaissant d’avoir un emploi »,
« Les autres y arrivent »,
« Avec mon salaire, je n’ai pas le droit de me plaindre ».
Vous pouvez reconnaître ce que votre travail vous apporte tout en prenant au sérieux ce qu’il vous coûte.
Et si vous avez l’habitude d’être la personne fiable, disponible, qui prend sur elle, il peut être utile d’explorer ce qui rend si difficile le fait de dire :
« Aujourd’hui, je n’y arrive plus de cette manière. »
Vous pouvez commencer par compléter cette phrase : « Ce que je redoute le plus en reprenant, c’est… »
Écrivez ce qui vient, puis posez-vous quelques questions :
À partir de là, cherchez un premier pas adapté à votre situation : demander une clarification des priorités, parler d’une surcharge, préparer votre retour avec un interlocuteur de confiance ou prendre le temps d’explorer vos besoins avec un professionnel.
Les réponses dépendent aussi de vos contraintes financières, familiales et de vos possibilités réelles. Une évolution peut se construire progressivement.
L’entreprise a également un rôle à jouer sur l’organisation et les conditions de travail.
Un accompagnement individuel peut vous soutenir dans vos démarches ; les difficultés collectives demandent aussi des réponses au niveau du travail.
Si l’appréhension devient envahissante, si la fatigue persiste ou si votre quotidien se dégrade, parlez-en. Le médecin du travail peut également vous aider à examiner le lien avec votre activité et les aménagements envisageables.
Si la perte d’envie touche aussi vos loisirs, vos relations et ce qui vous faisait habituellement plaisir, surtout avec une tristesse persistante, un avis médical est important. Ces manifestations peuvent notamment se rencontrer dans une dépression et nécessitent une évaluation.
Vous pouvez demander de l’aide dès que vous en ressentez le besoin.
Derrière « je n’ai aucune envie de reprendre », il y a votre histoire, vos besoins, vos contraintes et parfois des questions que vous repoussez depuis longtemps.
Chez RéVL, je vous accompagne pour mettre des mots sur ce qui vous pèse, explorer votre rapport au travail et clarifier ce que vous souhaitez faire évoluer.
Nous avançons à partir de votre situation, à votre rythme, en tenant compte de vos possibilités.
Je vous reçois au cabinet à Carrières-sous-Poissy ou en visio. Cet accompagnement peut s’articuler avec un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Un premier échange téléphonique gratuit, sans engagement, permet de faire connaissance et de voir si vous vous sentez en confiance pour travailler avec moi.
Article rédigé par Véronique Lefevre
Thérapeute Spécialiste des Transitions de vie - RéVL